Je connais Sandrine Héraud depuis quelques années. Elle était déjà dégustatrice et créatrice de contenu lorsque nous nous sommes rencontrés, mais je connaissais son passé de vigneronne et elle avait partagé avec moi son histoire et sa volonté de la coucher un jour dans un livre. J’ai pu découvrir en avant-première son ouvrage et, si je savais que sa lecture serait riche en émotions, je n’imaginais pas à quel point il me toucherait.
La vigne dans le sang est bien plus qu’un récit autobiographique. C’est un livre sur l’histoire à la fois universelle et unique d’un domaine viticole familial, dont chaque passage de génération s’accompagne de questionnements sur la transmission, entre continuité et rupture. C’est l’histoire de changements de mentalités, avec une conscience écologique qui émerge dans la viticulture après l’âge d’or des produits phytosanitaires. C’est un livre sur l’histoire de Bordeaux, du Médoc et des Crus bourgeois, avec une plongée dans le fonctionnement des instances syndicales, des classements et des circuits de commercialisation des vins. C’est l’histoire d’un retournement, avec le Bordeaux bashing qui fait tomber la région de son piédestal et met tant de domaines en grande difficulté. C’est l’histoire du changement climatique, qui a mis les nerfs et les reins des vignerons à rude épreuve, avec une succession d’années compliquées dans la deuxième moitié des années 2010. C’est, hélas, l’histoire d’un drame bouleversant qui fait éclater un équilibre précaire et change à tout jamais les relations au sein d’une famille jusqu’ici soudée malgré les difficultés. C’est enfin l’histoire d’une femme qui s’est toujours sentie différente de sa sœur dans sa relation au domaine et au métier – ou plutôt à la vocation, voire au sacerdoce ! – de vigneron transmis de génération en génération, et qui, après avoir été tiraillée pendant de nombreuses années, décide de se détourner de cet héritage devenu trop lourd à porter pour vivre une vie plus en accord avec ses aspirations.
Ce texte, vibrant et sensible, touche autant par la précision de ses évocations que par la sincérité de son regard : les scènes familiales avec les arrière-grands-parents, les grands-parents, les parents, puis les enfants, sont décrites de façon si vivante qu’on les visualise en fermant les yeux. C’est un livre qui montre la dureté de la vie de vigneron, les sacrifices qu’elle implique, mais également le bonheur et la fierté qu’elle peut procurer.
Lorsque l’on hume puis que l’on trempe ses lèvres dans un verre de vin, c’est tout cela que l’on déguste, et c’est pour en être conscient que la lecture de La vigne dans le sang est indispensable. Bravo, Sandrine, d’avoir eu le courage de l’introspection et d’une telle mise à nu sur une grande partie de ta vie et sur une blessure aussi intime.
La vigne dans le sang sera en librairies le 15 octobre 2025, mais vous pouvez d’ores et déjà le commander sur le site de l’éditeur. Utilisez le code HEROS pour bénéficier des frais de port offerts.
