Vins du Sud Ouest (1) : Cahors

Il y a un an encore, le Sud-ouest était une région viticole que je ne connaissais absolument pas. L’été dernier, de passage à Saint-jean-de-Luz pour un mariage, j’ai déjeuné avec des amis dans un restaurant près de la gare et nous avons demandé au serveur de choisir un vin local. Il nous a apporté un Jurançon sec « La Part Davant » 2018 de Camin Larredya (Jean Marc Grussaute). Une claque.

« La Part Davant » 2018, Camin Larredya (Jean Marc Grussaute), Jurançon sec.

Cépages : Gros Manseng, Petit Manseng, Petit Courbu.
Vinification : La fermentation est déclenchée par levures indigènes, pas de fermentation malo-lactique, élevage dans des fûts de 228l (5% fûts neufs) et des foudres de 1200 à 2500l pendant 6 mois.

Le nez est très expressif, sur des arômes beurrés, des fruits secs et des fruits jaunes mûrs. En bouche, c’est ample, le vin est gras mais il est en même temps d’une fraicheur déconcertante, il y a de la tension et une longue fin de bouche salivante. Magnifique vin !

Je ne savais pas à ce moment là que j’allais avoir l’opportunité dans les mois suivants de découvrir lors de dégustations ou de courtes escapades d’autres vignobles de la région. Je vous emmène ? On part à Gaillac, Fronton, Madiran, Pacherenc du Vic-Bihl et Cahors !

Le vignoble du Sud-Ouest

Le vignoble du Haut-Pays s’est développé bien avant le vignoble de la Gironde mais, plus près du port, ce dernier a rapidement dominé la région, si bien que le vignoble du sud-ouest n’existait pas sur les cartes des grandes régions viticoles jusqu’à l’entre deux guerres. C’est avec la naissance des AOC en 1935 que l’on a commencé à voir apparaitre sur les cartes une mosaïque de petits vignobles concentrés dans le sud-ouest de la France. Si l’on schématise, on trouve à l’est de Bordeaux les vignobles du bassin de la Dordogne et les vignobles du bassin de la basse Garonne puis en rentrant dans les terres, on trouve les vignobles des bassins du Lot et un peu plus au sud les vignobles du bassin de la moyenne Garonne et du Tarn. Enfin, au sud, près de la frontière espagnole, on trouve les vignobles du bassin de l’Adour.

Ce vignoble est très étendu puisqu’il couvre 47 000 hectares répartis à 50% entre vignerons indépendants et coopérateurs ! Ce ne sont pas moins de 29 AOP et 13 IGP qui sont aujourd’hui reconnues et s’étendent sur 13 départements et 3 régions.

On y cultive de nombreux cépages autochtones (plus de 130 !) qui permettent à chacun de ces vignobles d’avoir une identité forte.

Au cours de la seconde moitié du 20ème siècle, on a assisté à des regroupement de vignobles et à la naissance d’interprofessions comme le Comité Interprofessionnel des Vins de la région de Bergerac (13 AOC).

Plus récemment, la région a entamé un regroupement derrière une interprofession unique le CIVSO. Aujourd’hui, 18 AOC et 12 IGP ont déjà adhéré à cette inteprofession, dont Gaillac, Fronton, Cahors, Madiran.

Commençons notre voyage dans le Sud-Ouest avec l’AOC Cahors !

Cahors



4.700 hectares répartis sur 45 communes

Géologie : sans trop rentrer dans le détail, le vignoble de Cahors est divisé en deux zones de culture de la vigne. On trouve la Vallée qui représente 2/3 de la surface plantée et qui s’étend des rives du Lot jusqu’aux Cévennes en une succession de terrasses (3 principales) qui sont des terroirs alluviaux (avec 7 types de terroirs siliceux et 3 types de terroirs calcaire). Puis on trouve les Causses (plateaux), situés entre 200 et 300m d’altitude, où le sol est maigre, avec la roche mère calcaire à moins d’un mètre sous terre et avec parfois un peu d’argile.

Encépagement : Le cépage Côt (Malbec) est ultra dominant dans l’AOC, il doit d’ailleurs représenter au minimum 70% de l’encépagement. Deux cépages accessoires, le Tannat et le Merlot sont également autorisés à hauteur de 30%.

Le Malbec est un cépage que l’on retrouve principalement en Argentine (33.000ha contre 6500 en France). En France, on le trouve dans le sud-ouest mais également dans la Loire (je publierai prochainement d’ailleurs prochainement un article sur les vins à base de Malbec dans la Loire) et dans le Languedoc. C’est un cépage qui me séduit de plus en plus !

J’ai pu déguster il y a quelques semaines une sélection réduite mais intéressante de vins de Cahors lors d’un “afterwork” à la cave Trois Fois Vins.

🍷 L’Envie 2018 du Château Haut Monplaisir

Le vin idéal pour débuter la dégustation.
100% Malbec issu de vignes plantées sur la 3ème terrasse, une vinification en cuve ciment thermo-régulée et un élevage de 12 mois en fûts de 500L. Sans sulfite ajouté ni pendant la vinificaton, ni à la mise. Certifié bio. De quoi faire un vin avec du volume mais très frais, souple, sur des notes de cassis et de pruneaux et une finale sur la menthe poivrée.
💶 14,5€

🍷 Calcaire 2018 du Chateau Les Croisilles.

À nouveau un 100% Malbec mais nous sommes maintenant sur des parcelles situées sur le plateau calcaire de Luzech entre 250 et 300 mètres d’altitude. Certifié bio. Elevage de 18 mois en vieux fûts de 228l.
Un vin plus concentré, sur des notes de fruits noirs, c’est minéral et frais mais charnu, avec une structure tannique plus importante que le vin précédent.

🍷 Clos d’Audhuy 2016

100% Malbec, vinification dans des petites cuvées inox de 15l thermo-régulées, élevage de 12 mois en barrique de 400l (moitié neuves, moitié d’occasion).
Des notes de fruits confiturés et presque caramélisés (bonbon). C’est dense, structuré mais les tannins sont veloutés et le léger boisé élégant

🍷 Trespotz 2018 du Domaine la Calmette

90% Malbec, 10% Merlot.
La cuvée porte le nom de la commune (sur les Causses) et se veut représentative des différents terroirs : argiles rouges sidérolithiques, argilo-calcaires kimméridgiens, argilo-calcaires marneux. Nous sommes sur des sommets de crêtes à 340 mètres d’altitude.
En conversion vers l’agriculture biologique et utilisation de préparations biodynamiques. Fermentations indigènes, élevage sur lies sans sulfites ajoutés en cuves béton et barriques de 3-4 vins. S’il y a ajout de sulfite, c’est uniquement à la mise et à hauteur de 1g/hl.
Un vin juteux et profond, le fruit (cassis) est éclatant, la bouche d’une grande souplesse et avec une fraicheur que l’on n’associe pas naturellement à la région. Le moins puissant de tous les vins dégustés ce jour là. Le Cahors nouvelle génération !
❤️ Mon coup de coeur de la dégustation !


Je n’ai jamais dégusté de Cahors plus traditionnels donc il m’est difficile de comparer mais je dois dire que j’aime beaucoup ces nouveaux Cahors !

À très vite pour la suite de ce petit tour dans le Sud-Ouest, nous partirons à Fronton et Gaillac !

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