Dégustation Louis Jadot

J’ai assisté il y a quelques jours à une dégustation de vins de la maison Louis Jadot dans le cadre des activités de l’association In Vino Veritas à Sciences Po.

Louis Jadot

La maison Louis Jadot est une maison incontournable en Bourgogne. Elle possède 220ha de vigne et est présente sur plus de 150 appellations: on peut voir son nom sur les plus beaux climats de la Côte d’Or (du Clos Vougeot au Montrachet en passant par les Grands Crus du Chambertin) mais c’est une maison qui est également présente sur les appellations régionales et villages ainsi que dans le mâconnais ou encore le Beaujolais. La maison a d’ailleurs récemment acheté un domaine dans l’Oregon, dans la suite logique de l’importance du marché américain dans ses ventes (et du fait que le propriétaire est américain). La vinification est sensiblement la même pour tous les vins, ce qui est très intéressant puisque cela met en valeur le facteur terroir et les caractéristiques des différents climats, toutes choses étant sensiblement égales par ailleurs.

Le choix des vins a été selon moi très judicieux, ils ont donné une belle vision d’ensemble du vignoble bourguignon (côte d’or, mâconnais, beaujolais – il ne manquait que le chalonnais) qui est particulièrement riche.

Blancs:

– Pouilly-Fuissé “Autour de la Roche” 2012 du Domaine Ferret (acquis en 2008 par la maison Jadot)

– Ladoix Clou d’Orge 2012 du Domaine Gagey (contrôlé par Jadot)

– Chassagne Montrachet 1er cru Abbaye de Morgeot 2010 du Domaine Louis Jadot

– Corton Charlemagne Grand Cru 2008 du Domaine des Héritiers Louis Jadot

Les vins ont été dégustés par série de deux.

Le Pouilly-Fuissé “Autour de la Roche” a été ma plus grande surprise, un bel ambassadeur des vins de l’appellation (le mâconnais est une région trop souvent délaissée au profit de la Côte de Beaune et de la Côte de Nuits) : minéralité, mais avec une certaine opulence qui est assez rare sur l’appellation (très certainement grâce à la grande concentration des raisins en 2012). Le vin est jeune, on sent beaucoup les notes boisées dues à l’élevage en futs.

Le Ladoix Clou D’Orge était assez effacé à côté du vin précédent, j’ai trouvé qu’il avait au nez des notes fumées mais celles-ci ont disparu en bouche. C’est tout de même un vin assez gras.

Le Chassagne Montrachet 1er Cru Abbaye de Morgeot a marqué un saut qualitatif par rapport aux deux vins précédents, et là encore, je dois dire que j’ai été assez surpris tant il était différent des chassagne-montrachet que j’ai bu récemment: j’ai trouvé ici un vin très riche, puissant avec des notes de fruits secs mais également de miel. D’emblée, dés le premier nez, on sait à quoi on à affaire. C’est l’incarnation de l’idée de vin blanc masculin (même si je n’aime pas vraiment employer ce qualificatif) et puissant.

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Le Corton Charlemagne Grand Cru quant à lui a permis de vraiment montrer la marche qui sépare les premiers crus des grands crus: ici, on gagne en profondeur et en complexité dans la palette aromatique. La robe était d’une couleur incroyable, dorée, intense. C’est un vin plus subtil que le précédent. Si à l’ouverture de la bouteille, le nez était assez puissant, j’ai pu noter qu’après 1h30 d’oxygénation dans la bouteille et une dizaine de minutes dans le verre, le vin a gagné en précision, la trame était plus claire, même si j’ai eu l’impression qu’il se faisait plus discret, qu’il se refermait légèrement (mon ressenti a certainement été affecté par le fait qu’il était “écrasé” par la puissance du Chassagne dégusté en parallèle et auquel je suis revenu plusieurs fois)

Rouge

Morgon Côte du Py 2006, Château des Jacques

Bourgogne Le Chapitre 2011, Domaine Gagey

Beaune 1er cru Boucherottes 2009, Domaine des Héritiers Louis Jadot

Gevrey-Chambertin 1er Cru Clos Saint-Jacques 2004, Domaine Louis Jadot

Nous avons également dégusté ces vins deux par deux, en commençant par le Bourgogne Le Chapitre et le Beaune 1er cru.

Le Bourgogne Le Chapitre est intéréssant parce que la parcelle Le Chapitre est située à Chenôve, à côté de Marsannay et donc juste à côté de Dijon, dans la ville. C’est l’un des rares climats d’appellation régionale et c’est un beau Bourgogne “générique”, fruité avec des arômes de sous-bois.

Le Beaune 1er Cru Boucherottes était un très beau vin, avec au nez des arômes d’épice, de tabac, et en bouche, une matière soyeuse avec des tanins discrets.

Morgon et Gevrey-Chambertin

Le Morgon Côte du Py était une belle surprise également, les quelques Morgon que j’ai pu boire dans le passé étaient peu subtils, et celui-ci a montré que le Beaujolais est une région à regarder de plus près.

Le Gevrey-Chambertin 1er Cru Clos Saint Jacques a conclu de la plus belle manière cette dégustation. La parcelle (de 6 hectares 70) est intéressante: le Clos Saint Jacques est un des meilleurs premiers crus de l’appellation que l’on dit même être du niveau des grands crus du Chambertin (il appartenait au Comte de Moucheron lors de la mise en place des AOC et son caractère particulier ainsi que d’autres raisons expliquent cette “injustice”). C’est une parcelle pentue qui balaye toute la palette de sols: des marnes au sommet, du calcaire au milieu et enfin de l’argile dans le bas. Fait original, les 5 propriétaires (Bruno Clair, Armand Rousseau, Fourrier, Sylvie Esmonin et Louis Jadot) se la partagent dans un découpage vertical. Le vin est donc d’une complexité fascinante, jouant sur tous les tableaux: du muscle, du corps et de la finesse avec cette magie du vin qui tantôt montre une facette avant d’évoluer et d’en montrer une autre quelques minutes plus tard. La robe est déjà évoluée et les arômes tertiaires sont déjà bien présents au nez. J’ai toutefois ressenti une certaine acidité qui vu l’équilibre général du vin laisse présager un très beau potentiel de vieillissement pour ce vin.

Merci à Thibault Gagey pour cette présentation des vins de cette belle maison !

Thibault Gagey, Louis Jadot

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