Visite du Domaine de la Romanée-Conti

9h45. Une matinée pluvieuse de Novembre en Bourgogne, les vignes ont perdu leur manteau d’or, je longe les rangs de vignes de Romanée Saint-Vivant du domaine Leroy si caractéristiques de par leur hauteur, je tourne à gauche, à ma droite le Richebourg, puis j’aperçois la si célèbre croix qui semble garder la Romanée-Conti. Je tourne à nouveau à gauche et longe La Grande Rue jusqu’à entrer dans Vosne-Romanée pour arriver à ma destination, le 1 place de l’Eglise, adresse où se trouvent depuis quelques années les bureaux de la Societé Civile du Domaine de la Romanée-Conti (et où sont élevés en cave les vins de millésime impair).

Aujourd’hui, un rêve se réalise, la grille de l’Ancien Vendangoir des Moines de Saint-Vivant de Vergy  devant laquelle je me suis si souvent arrêté rêveur s’ouvre devant moi. Après avoir patienté quelques minutes avec deux autres invités arrivés en avance et salué Aubert de Villaine, je rejoins un groupe de cavistes et restaurateurs du sud de la France et nous partons à la rencontre de M. Noblet, maître de chai du domaine qui va mener la visite.

Nous pénétrons dans le bâtiment qui abrite les grands foudres dans lesquels sont effectuées les fermentations alcooliques et les macérations après le pressurage des raisins. Le calme est revenu, les vins ont rejoint en cave les fûts de chêne neufs dans lesquels ils vont passer deux hivers.

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Nous passons devant des tables de tri, l’occasion de rappeler que le Domaine fut l’un des premiers domaines à faire l’acquisition d’une table de tri en 1977, tout en comprenant avant les autres la nécessité d’un premier tri dans les vignes. Les cuves en bois ont des volumes divers et sont utilisées en fonction des rendements des différents crus. Pour le millésime 2017 par exemple qui fut particulièrement généreux, c’est la large cuve n°2 qui a accueilli la Romanée-Conti. Bernard Noblet nous explique l’importance de la vendange entière au domaine. Il essaye de conserver un maximum de rafles pendant la macération, au moins 70%, voire 100% les bonnes années. Il nous raconte alors les débats enflammés qu’il a pu avoir avec Henri Jayer, viticulteur mythique qu’il admirait beaucoup et avec qui le seul désaccord majeur était l’éraflage. M. Jayer lui disait sans cesse “vous avez déjà mordu dans la rafle ? Mais c’est dégueulasse, c’est vraiment pas bon ! Donc si on met quelque chose de pas bon dans le vin, je vois pas ce que cela peut apporter comme qualité !” (je vous conseille de regarder ce passionnant film sur Henri Jayer, il s’exprime sur ce sujet). Ce à quoi Bernard Noblet lui répondait que c’était comme un bouquet de thym et laurier dans un ragoût, on le met dans la cocotte et on laisse mijoter sans le toucher. Être dans l’infusion et non dans l’extraction.

Il préconise donc un tri afin de ne garder que les belles rafles, et un minimum d’intervention pendant la macération: un pigeage doux et manuel. De même, les levures apportées par la nature au raisin dans les vignes doivent suffire à déclencher la fermentation alcoolique après quelques jours et l’ajout de levures – indigènes – est très rare. M. Noblet nous explique également qu’ils ne nettoient que le sol de la cuverie, des champignons se développent sur les charpentes et jouent un rôle important pendant le processus.

Nous empruntons maintenant un escalier et descendons dans le chai qui accueille les vins de millésimes pair, et donc en ce moment du millésime 2016 qui s’apprête à passer son deuxième hiver en fûts. Les yeux brillent alors que nous passons à côtés des fûts sur lesquelles figurent les noms des plus grandes appellations bourguignonnes.

Chai domaine de la Romanée-Conti

Tous les vins du Domaine sont élevés en fûts neufs à 100%. Les fûts proviennent quasi exclusivement de la tonnellerie François Frères basée à St Romain. Ils sont fabriqués à partir de bois provenant d’arbres centenaires issus des 3 plus belles et anciennes forêts de France (notamment Tronçais) sélectionnés en collaboration avec l’Office National des Forêts. Les chênes très vieux qui ont eu une croissance lente possèdent des grains très fins, cela permet une libération des tanins plus lente, sans avoir le côté trop marqué du bois. Les merrains (planches de bois utilisées pour fabriquer les tonneaux) sont ensuite séchés à l’air libre pendant au moins 3 ans afin d’évacuer les mauvais tannins, et on applique aux fûts une chauffe longue et douce. À nouveau, on peut donc voir que c’est l’addition de petits détails et une attention infinie, une quête perpétuelle d’amélioration qui permettent de donner naissance à des grands vins.

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Commence alors la dégustation horizontale sur le millésime 2016, les vins sont prélevés dans les fûts à l’aide d’une pipette et Bernard Noblet remet le vin restant dans les verres dans les fûts, ici on ne gâche pas une goutte de vin ! Il place ensuite un caillou sur le fût afin qu’il soit ouillé le plus rapidement possible.

Corton Grand Cru 2016

Seul vin rouge de la Côte de Beaune produit par le domaine à partir de vignes prises en fermage depuis 2008 situées sur 3 climats: Bressandes, Renardes et Clos du Roi. J’ai souvenir qu’Aubert de Villaine avait pour projet de peut-être vinifier un jour ces 3 parcelles séparément mais je ne sais pas si sa position sur le sujet à évolué. L’agent du Domaine pour le Sud de la France qui accompagne le groupe nous explique que selon lui, ça ne fait que 2 ans que ce vin porte la patte Bernard Noblet et est pleinement Domaine de la Romanée-Conti.

Corton 2016 Domaine de la Romanée-Conti

En 2016, le Corton a été plus eraflé que les autres vins du Domaine, la couleur est un rubis soutenu, le nez est déjà bien ouvert, on reconnait toute de suite la densité d’un grand cru, la bouche est soyeuse avec des notes épicées, une très belle entrée en matière !

Echézeaux Grand Cru 2016

Nous arrivons sur la Côte de Nuits, le vin est plus fin, plus concentré, on a plus de matière. Ce vin est moins ouvert que le précedent. Il y a un côté floral, végétal (100% vendange entière). Les rendements ont été très faible à cause de gelées printanières: 8hl/ha (plus de 5x moins que la normale !).

Grands Echézeaux Grand Cru 2016

Moins végétal que le précédent, plus terrien, on gagne encore en concentration, en densité. C’est un vin que j’ai trouvé plus vibrant, comme si on passait en 3 dimensions. Les autres invités lui ont préféré l’Echézeaux, peut-être plus facile à aborder et “prêt”.

Romanée Saint Vivant Grand Cru 2016

Romanée St Vivant Domaine de la Romanée-Conti 2016

Vignes en fermage à partir de 1966, rachetées par le Domaine en 1988.

Ah la St-Vivant…. Le vin de la séduction par excellence, un vin qui m’avait profondément marqué lors de la dégustation du millésime 2012 des vins du Domaine. J’attendais donc avec impatience de découvrir l’appellation sur un autre millésime. En plongeant le nez dans le verre, on comprend que l’on rentre dans ce qui fait la renommée du Domaine, on passe au niveau au dessus. Ce vin est d’une finesse et d’une élégance infinie, c’est une caresse de soie, il y a de la vulnérabilité et alors qu’on ne s’y attend pas, il y a une petite agressivité en fin de bouche. Bernard Noblet explique que c’est l’élément caractéristique de la Romanée St-Vivant qu’il décrit comme “une femme féline” qui se laisse difficilement approcher et donne un coup de griffe. Un très grand vin (malgré la présence d’un léger gaz carbonique à ce stage de l’élevage) qui confirme mon affinité avec cette appellation.

Richebourg Grand Cru 2016

Nous continuons notre montée au ciel avec le Richebourg qu’Aubert de Villaine décrit souvent comme le garde du corps de la Romanée-Conti.

C’est un vin plus concentré, plus puissant mais toujours avec une trame soyeuse, c’est superbement fait et avec une allonge, une longueur en bouche exceptionnelle. Bernard Noblet évoque son caractère “sphérique”.

La Tâche Grand Cru 2016

La Tâche 2016 Domaine de la Romanée-ContiNous arrivons à la Tâche, vin détenu en monopole par le Domaine depuis 1933, après le rachat des vignes de la Tâche détenues jusqu’alors par Liger-Belair. C’est en 1936 que les Gaudichots (vignes acquises par Duvault-Blauchet – ancêtre d’Aubert de Villaine – au milieu du 19ème siècle) et La Tâche seront réunis sous l’unique appellation La Tâche.

Une émotion particulière car ma première rencontre avec le Domaine a été la dégustation d’une bouteille de la Tâche 2001.

C’est un vin anguleux, tranchant, très droit et pénétrant. C’est un monument de complexité, avec une trame épicé, des notes de fruits noirs, et des tanins plus présents mais avec toujours une matière de satin.

Bernard Noblet fait alors un aparté sur la biodynamie que le domaine pratique sur l’ensemble du Domaine depuis 2007 après être passé en bio en 1988 (début des expérimentations en 1985) et l’avoir expérimenté sur 7ha pendant une longue période. Il nous explique que cela permet d’acquérir une finesse de maturité et d’exprimer l’émotionnel.

Romanée-Conti Grand Cru 2016

Romanée-Conti 2016

Au détour d’un dernier virage, nous arrivons vers les tonneaux les plus convoités dont la lecture de l’inscription fait s’arrêter toutes les conversations. Nous sommes dans la cave la plus fraiche qui est située la plus au nord de Vosne-Romanée, emplacement choisi par Bernard Noblet pour “calmer” la Romanée-Conti qui est fougueuse et a tendance a commencer sa fermentation malo-lactique avant les autres vins.

Je retrouve à la dégustation les mêmes sensations que lors de la dégustation du millésime 2012. Ce vin est la synthèse de tous les précédents, comme si on avait gardé le meilleur de chaque vin pour créer l’expression la plus parfaite du pinot noir à partir du terroir le plus complexe. La Romanée-Conti est un vin de paradoxe, à la fois éminemment terrien, possédant une grande minéralité et exprimant avec intensité le terroir et à la fois étonnamment aérien. C’est la dimension magique, irréelle de ce vin qui nous donne la sensation que l’on a quitté la terre ferme. C’est un vin de méditation qui ne s’offre pas immédiatement mais une fois que sa sensualité s’imprime sur le palet, c’est pour ne plus le quitter.

Nous quittons maintenant le chais, je ne peux m’empêcher de plonger régulièrement mon nez dans le verre vide qui a conservé absolument tous les arômes du vin hélas disparu. Nous marchons dans le village en direction d’un portail rouge sur lequel trônent les lettres RC. Après avoir pénétré dans le bâtiment et emprunté un escalier, nous arrivons au pays des rêves: des piles et des piles de bouteilles s’offrent à notre vue.

Piles bouteilles Romanée-Conti 2015

Piles bouteilles Romanée-Conti, la tâche, Richebourg 2005

Nous passons les piles de 2015, puis 2014, puis des millésimes plus anciens: 2005, 2004, 1990. Bernard Noblet nous explique que depuis 2012, pour protéger les bouchons contre les agressions de l’oxygène (et certainement à des fins d’authentification), une cire spéciale est apposée sur le bouchon de toutes les bouteilles du Domaine. Les bouteilles ne sont étiquetées qu’à leur sortie du Domaine, au dernier moment, ainsi elles n’ont aucune valeur pour un voleur potentiel lorsqu’elles sont au Domaine.

Cire bouchon romanée-conti

Bernard Noblet nous indique la direction d’un caveau et part dans la direction opposée. Nous arrivons dans une très jolie salle voutée dans laquelle se trouve un foudre et des tires-bouchons. Sur la droite, une grille derrière laquelle se trouvent des trésors devant lesquels nos esprits se prennent à rêver.

Caveau dégustation domaine de la Romanée-Conti

Vieux millésimes RIchebourg Domaine de la Romanée-Conti

Bernard Noblet fait son entrée avec deux bouteilles recouvertes de poussière. Le silence se fait, ma gorge se noue, je vais pour la première fois déguster un vin mature du Domaine, c’est un grand moment que nous nous apprêtons à vivre. Les vins sont servis à l’aveugle, Bernard Noblet nous demande de deviner l’appellation et le millésime.

Richebourg 1999 Domaine de la Romanée-Conti

Le premier vin a une couleur assez trouble, ce qui me rappelle la dernière bouteille d’une caisse de 3 bouteilles de la Tâche 2001 qui avait également ce côté trouble. B. Noblet indique que ce vin a été produit lors une année chaude. Mon nez rencontre le verre, des arômes subtils de fruits rouge, de fraise mûre se manifestent, ce n’est pas un vin que j’estime très vieux mais assez pour s’être assagi, en bouche, je pense reconnaitre l’élégance de la Romanée St Vivant. Mon voisin sommelier se risque à proposer 1999 pour le millésime, d’autres avancent 2003.

Bernard Noblet me répond que ça n’est pas une Romanée St Vivant, il n’y a pas le coup de griffe en finale, il s’agit d’un Richebourg 1999. Je suis bluffé, il est vrai que le vin possédait une belle structure, était plein, mais je ne pensais pas qu’un Richebourg pouvait atteindre cette finesse, c’est une facette de cette appellation que je découvre et qui me fait l’aimer d’autant plus.

En deux mouvements de bi-lame, Bernard Noblet ouvre la seconde bouteille et nous verse un vin à la couleur non trouble cette fois, mais un rouge qui commence à tuiler. Il nous annonce que c’est un vin d’une année exceptionnelle qui a donné de beaux rendements.

Richebourg 1990 Domaine de la Romanée-Conti

Au nez, le vin est insolent de jeunesse tout en proposant une palette d’arôme très large qui fait belle part aux arômes tertiaires, d’une grande subtilité. En bouche, une grande matière, un vin dense, sur le humus, les champignon. C’est un vin absolument magnifique qui en a encore tant sous le pied. Je ne fais pas la même erreur que précédemment et j’avance que cela pourrait être à nouveau un Richebourg. Pour le millésime, certains avancent 2005, cela me parait bien plus vieux et après une longue discussion, nous nous mettons d’accord sur 1990. Il s’agit bien d’un Richebourg 1990 ! Une mini-verticale passionnante et quelle chance d’avoir bu un vin du Domaine sur ce millésime mythique de la fin du XXème siècle.

Le bonheur se lit sur les visages de tous les invités mais soudain, Bernard Noblet esquisse un sourire et se dirige vers la grille qui renferme les plus vieux millésimes du domaine. Nous n’en croyons pas nos yeux, alors que nous pensions que la dégustation touchait à sa fin, l’excitation remonte d’un cran lorsque le maître de chai reparait avec une bouteille visiblement très âgée en lançant: “bon, c’est bientôt les fêtes, on va se faire un petit plaisir”.

Le vin qui nous est versé a encore une très belle pigmentation.

Romanée-Conti 1965

Je plonge le nez dans le verre et soudain, la vie s’arrête autour de moi. Nous sommes sur une autre planète, ce qui envahit mon nez est de l’élégance la plus absolue, il y a la finesse, la pureté, des arômes tertiaires délicatement intégrés. Et puis la rose fânée. Cette note si subtile qui me met sur la voie de l’appellation. Je prends une gorgée du vin, et à nouveaux, des sensations inconnues déferlent.  Les tannins sont élégants, il y a encore une petite acidité, la finale est équilibrée, salivante et longue, longue, longue. C’est un vin raffiné, loin de la démonstration de puissance. La matière est si légère, et si concentrée à la fois que c’en est magique. Ému, je regarde Bernard Noblet et lui lance : “ça ne peut-être qu’une Romanée-Conti”. Un sourire en coin, il me répond “ah bon, vous êtes sûr ? Réfléchissez encore, et n’oubliez pas que j’attends que vous trouviez le millésime !”. Pour le millésime, je suis bien incapable de faire une proposition, le seul vin bu dans ma vie qui pourrait être comparable en termes de classe d’arômes liés à l’âge est un Chambolle-Musigny village de 1966 qui m’avait scotché lors d’une dégustation il y a un an.

L’agent – sans doute habitué aux dégustations de vins du Domaine – croit reconnaitre le millésime de son année ne naissance: 1965. Qu’un vin n’ayant aucun défaut de vieux vin puisse être aussi âgé nous parait impensable, mais lorsque Bernard Noblet met fin au suspens, nous poussons tous un petit cri de surprise et de joie: il s’agit d’une Romanée-Conti 1965. Je n’arrive pas à croire que je suis en train de vivre un tel moment. Je m’estimais déjà chanceux et privilégié d’avoir pu boire deux fois la Romanée-Conti dans des millésimes très jeunes (2016 sur fût et 2012 en bouteille) mais je ne pensais pas que j’aurais un jour la chance de pouvoir goûter aux délices d’une Romanée-Conti ayant développé tout son potentiel. Nous sommes tous en recueillement devant nos verres car la Conti, même à 52 ans reste un vin de méditation qui doit s’apprivoiser.

Bouchon Romanée-Conti 1965

Bernard Noblet nous explique avoir voulu nous montrer ce que peut produire avec un travail minutieux une grande appellation dans un petit millésime. 1965 est effectivement considéré comme un millésime faible.  Que doit être la Romanée-Conti sur un millésime d’anthologie si un faible millésime a déjà pour moi un parfum de vin des dieux ?? Bernard Noblet nous explique avoir une affection particulière pour les vins de petites années qui ont cette fragilité, ces aspérités qui les rendent d’autant plus uniques et attachantes.

Perdus dans nos pensées et trop occupés à profiter de ce vin extraordinaire jusqu’à la dernière goutte, nous n’avions pas vu que B. Noblet s’était absenté, il revient une autre bouteille à la main, qui semble contenir un vin blanc. Evidemment, il n’aurait pu en être autrement, le célèbre adage bourguignon dispose que “Rouge sur blanc tout fout le camp, Blanc sur Rouge rien ne bouge”. La dégustation devait donc forcément se terminer par un vin blanc. Le domaine en produit deux: le Montrachet (la seule des appellations qu’elle produit dont elle n’est pas le plus gros producteur, mais tout de même le 4ème) et un Bâtard-Montrachet qui n’est pas commercialisé car ils ne possèdent que 17 ares de vignes, la production est donc infime.

Bâtard-Montrachet 2008 Domaine de la Romanée-Conti

Le vin qu’il nous verse nous laisse à nouveau sans voix. C’est un vin d’une richesse, d’une densité jamais vue, il a tous les attributs d’un Grand Cru de Bourgogne, au nez, de délicieux arômes toastés, de noisette. En bouche, une grande présence et une claque d’énergie en milieu de bouche. Ayant dégusté le Montrachet 2012 qui m’avait dérouté, je ne reconnais aucune de ses caractéristiques dans ce vin, il s’agit selon moi d’un Bâtard-Montrachet, ce que d’autres invités pensent également, et mon voisin croit reconnaitre le millésime 2008. A nouveau, le travail d’équipe paye en dégustation à l’aveugle, il s’agit d’un Bâtard-Montrachet 2008. C’est le plus grand vin blanc que j’ai jamais bu et sa persistance aromatique est tout bonnement infinie.

“Que faites-vous des bouteilles de Bâtard-Montrachet puisque vous ne les commercialisez pas ?” lance un invité. “C’est l’apéritif maison, notre blanc-cassis à nous” répond Bernard Noblet toujours aussi facétieux.

Bouchon Bâtard-Montrachet 2008 Domaine de la Romanée-Conti

La visite se termine, il nous faut rejoindre la surface et c’est à regret que je quitte ce caveau dans lequel j’ai ressenti des sensations et des émotions si puissantes. Nous remercions chaleureusement Bernard Noblet dont j’apprends alors qu’il quittera ses fonctions à la fin de l’année. Je mesure la chance d’avoir pu vivre une aventure si exceptionnelle avec l’homme qui aura mis au monde les plus grands vins du monde pendant 32 années, un homme passionné par son métier et par la transmission, d’une humilité et d’une accessibilité rare.

Bernard Noblet Maitre de Chais Domaine de la Romanée-Conti

C’était le moment d’une vie, et c’est sur un nuage que je regagne ma voiture pour prendre la direction d’autres villages où j’ai rendez-vous avec des vignerons pour acheter des vins cette fois à portée de ma bourse !

 

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